Des canevas et des fils rouges...

Modèle d'affaires social ou modèle d'affaires classique?

La création d’un modèle d’affaires implique trois composants de base:

  • Les savoirs et savoir-faire, c’est-à-dire les compétences professionnelles et les connaissances de la personne ou de l’équipe qui devra réaliser les activités et produire les services ou biens;
     
  • La motivation et les savoir-être, ingrédients indispensables pour mettre en mouvement les activités de l’organisation pour les mettre au service de la société ou du marché;
     
  • La société ou le marché, ou encore les publics ciblés par le modèle d’affaires, directs et indirects, incluant les fournisseurs, les partenaires et les alliés qui permettront au modèle d’affaires d’être économiquement viable.

La grande différence entre un modèle d’affaires social et un modèle d’affaires classique est principalement dans l’ordre des relations de l’organisation avec son environnement externe. Dans un modèle d’affaires traditionnel, l’idée passe en général avant le besoin réel sur le marché; dans un modèle d’affaires social, la première préoccupation est un besoin social, l’analyse de sa pertinence et la volonté d’y apporter une réponse, tout en atteignant un équilibre financier favorable au développement.

Le stéréotype de l’entrepreneur classique pourrait être, approximaivement:

  • J’ai une idée de prestation, produit ou service;
  • J’analyse sa viabilité économique (marché, coûts, prix de vente);
  • Je développe la prestation;
  • Je produis la prestation et la propose sur le marché;
  • Je vérifie son acceptation sur le marché et surveille le retour de l’investissement.

Alors que celui de l’entrepreneur social devrait correspondre à quelque chose comme:

  • Il existe un besoin réel dans un segment de la société;
  • Je découvre et analyse ce besoin, ses causes et ses conséquences;
  • J’en analyse la pertinence en relation au contexte;
  • Je conceptualise une réponse à ce besoin;
  • Je cherche une solution pour arriver à un équilibre financier;
  • Je cherche de possibles alliances et partenariats;
  • Je développe et produis la réponse et satisfais le besoin;
  • Je mesure l’impact social généré par le modèle d’affaires.

Pourquoi des fil rouges et des canevas?

Réfléchir et créer des modèles d’affaires qui puissent générer un fort impact et en même temps atteindre un équilibre stable de fonctionnement sont deux activités qui demandent un subtil alliage de créativité et rigueur, caractéristiques normalement opposées.

Le fil rouge est une sorte de GPS de la réflexion, un fil conducteur, une cartographie des lieux à visiter, sans toutefois être un gendarme qui vous empêche de parcourir une route de campagne et de revenir sur vos pas pour revisiter un monument que vous aimeriez mieux connaitre.

Les fils rouges de «Social business models» sont à la fois des guides et des ensembles ou séquences recommandées d’outils pratiques, visuels et participatifs, favorisant cette alternance entre créativité et rigueur.

Les canevas peuvent être vus sous deux angles: ce sont les premiers des outils de création collective et participative de modèles d’affaires à fort impact social et ce sont aussi des paneaux de signalisation des fils rouges, indiquant les étapes à visiter, mais laissant le choix du parcours aux différents participants, selon leur envie.

Des canevas et des fils rouges

Bien que difficilement illustrée, une troisième dimension existe en plus des «coordonnées cartographiques» des étapes des fils rouges : le recul que l’on prend et la profondeur d’analyse qui en découle. Tantôt, il faut prendre de l’altitude pour voir la forêt entière dans son contexte de campagne, routes et lacs, tantôt il faut plonger comme l’épervier qui a une vision suffisamment proche et détaillée pour repérer le mulot en lisière de cette forêt. 

Les canevas de Social Business Models sont, pour l'instant, au nombre de cinq:

  • Le canevas des valeurs, véritable axe de cohérence de l'ensemble;
  • Le canevas de modèle d'affaires, sur lequel repose la mission;
  • Le canevas de la gouvernance, de relation avec les parties prenantes;
  • Le canevas de la stratégie, donnant le dynamisme en direction de la vision;
  • Le «chapeau» du canevas de la RSE - Responsabilité Sociétale des Entreprises.

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